Quelques idées sur les treks

Quelques idées sur les treks

Introduction

L’auteur à vécu 16 ans au Népal et y a marché plus d’un an et demi. Ces pages ne sont pas un guide de trek, mais une aide pour mieux choisir votre itinéraire. Cet article est en évolution constante : envoyez vos commentaires à jean.romnicianu@diplomatie.gouv.fr

En préalable, lisez l’article « le trek au Népal » qui vous donnera quelques idées sur les saisons et la réglementation. Lisez aussi "Voter sécurité en trek".

La question souvent posée « quel est votre trek préféré ? » n’a ni de réponse ni beaucoup d’utilité. L’agrément d’un trek est surtout lié aux attentes et aux capacités de chaque trekkeur.
La bonne façon de choisir un trek est donc de répondre à quelques questions qui vont peu à peu réduire l’éventail des choix possibles.

La date

Si vous avez le choix, cette question-là passe en dernier et devient une conséquence de vos autres choix mais si des impératifs de dates vous tiennent, elle devient un facteur limitant. La date fixe deux facteurs : le climat et le nombre d’autres trekkeurs.

Le climat

Les pluies de la mousson commencent violement autour du 15 juin, sont fortes jusqu’à fin août, puis diminuent lentement pour s’arrêter vers fin septembre. Si une tempête tropicale s’abat sur le Golfe du Bangale, le Népal subit une traîne de mauvais temps qui prolonge la mousson, parfois jusqu’à mi-octobre.

Il est tout à fait possible de marcher durant la mousson avec un bon parapluie (la meilleure solution ici car il y a très peu de vent au Népal), mais il fait humide et très chaud en dessous de 3.000m, le terrain est glissant et les sangsues sortent en nombre : il faut donc rester sur les chemins principaux bien larges. Par ailleurs, la végétation est magnifique, mais on ne voit qu’exceptionnellement les montagnes.

Les treks dans le Dolpo se trouvent dans l’ombre météorologique de la chaîne himalayenne ainsi que, dans une moindre mesure, Nar-Phu, Mugu et le haut Mustang. Il y pleut donc moins – ce qui ne veut pas dire pas du tout - durant la mousson.

Il peut y avoir une courte période de mauvais temps avec de petites pluies dans la première quinzaine de janvier. Il fait alors très froid et la neige, qui ne fond que très lentement à cette période, bloque certains cols et rend la marche pénible et dangereuse.

A partir de mars, des orages brefs mais violents sont possibles et la couverture nuageuse augmente.

Le reste du temps, il fait beau.

Le Népal est un pays peu venteux, sauf en très haute altitude, mais là, le vent acquière une importance considérable car un Km/h de vent équivaut à un degré de température en moins pour le corps : n’oubliez jamais que un petit 0° au thermomètre peut équivaloir à -20° avec un peu de vent. Le risque de gelures ou d’hypothermie est réel lors du passage des grands cols où sur certain itinéraires de haute altitude comme le Dolpo.

Voici un tableau indicatif des températures minimum moyennes :

MINIMUMS janv févr mars avr mai juin juil août sept oct nov déc
Katmandou 10° 13° 17° 20° 21° 21° 19° 15°
2,000m -1° 12° 15° 16° 16° 14° 10° 0
3,000m -7° -5° -1° 10° 10° -2° -7°
4,000m -14° -12° -8° -5° -1° -3° -9° -13°
5,000m -20° -18° -14° -11° -7° -4° -3° -3° -5° -9° -15° -20°
6,000m -27° -25° -21° -18° -14° -11° -10° -10° -12° -16° -22° -26°

A condition d’être bien équipé, marcher par temps froid ne pose aucun problème. Tout ce dont vous avez besoin, sauf de bonnes chaussures de haute montagne, est disponible à Katmandou, en diverses qualités, moins cher qu’en France.

Certains treks ne sont pas faisables en toutes saisons : les hauts cols de montagnes difficiles à franchir ou à trouver ne peuvent pas se faire durant la mousson et les hauts plateaux du Dolpo sont trop froids en hiver car si vous, vous pouvez être équipé pour n’importe quel temps, il faut penser à votre équipe népalaise. De plus, les hautes régions sont le plus souvent abandonnées par leurs habitants durant la saison froide.

En conclusion :
- Pour un trek tout confort : octobre – novembre (mais beaucoup de monde) et mars –avril.
- Si vous ne craignez pas le froid : novembre – décembre et février-mars.
- Avec un bon parapluie : juin – septembre.

La préférence pour le chaud ou le froid est une question personnelle. Pour ma part, je trouve que novembre et décembre sont les meilleurs mois pour le trek : il certes froid, mais avec un beau temps stable, une neige tassée et peu de monde. Mars et avril sont aussi très agréables à condition d’éviter le tour de l’Annapurna ou l’Everest. Pour ce dernier trek, et ceux dans l’ouest du pays, mai et la première quinzaine de juin peuvent être magnifiques.

Le nombre de trekkeurs

C’est, à mon sens, un élément capital, à moins que la foule ne vous dérange pas.

Sachez qu’en haute saison, il peut y avoir près de 400 marcheurs par jour sur le tour de l’Annapurna (95% dans le sens Manang – Jomoson), et à peine moins vers l’Everest, qui se fait par-dessus le marché en aller-retour sur le même chemin. Cela signifie que toutes les auberges sont pleines, que les prix grimpent, que les gens sont moins aimables et que vous marchez souvent à la queue-leu-leu.

Sur la région de l’Everest quelques jours de mauvais temps peuvent provoquer des files d’attentes de plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de personnes pour prendre l’avion de Katmandou (2.500 en 2011 !) car il faut 6 jours pour rejoindre Katmandou à pied et en bus de Jiri.
Les trekkeurs individuels auront le plus grand mal à trouver des guides, des porteurs ou des places dans les auberges et hôtels de la mi-septembre à la mi-novembre.

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Comment trekker.

Jamais seul

Les conséquences d’un incident banal comme une petite chute ou une cheville tordue sont trop lourdes de conséquences. De plus, il faut hélas avouer que le Népal n’est plus le pays sans risques des années 80 : rares certes, les attaques de touristes ne sont plus totalement inconnues.

Avec des amis, mais sans guide ni porteur

Sur les parcours fréquentés, faciles à trouver et bien pourvus d’auberges (tour des Annapurnas, Everest, Langtang), pourquoi pas. Si vous pouvez porter agréablement vos propres affaires, qui ne devraient pas excéder 10Kg, c’est une option bon marché et sans difficultés. Les chemins sont facile à trouver et tous les népalais savent où vous allez. Attention toutefois, en haute saison il peut être difficile pour les individuels de trouver une place dans une auberge le soir. Par ailleurs, il vous faudra prendre soin vous-même des permis nécessaires (TIM, entrée dans les parcs nationaux – voyez l’article « trek ») et des transports pour arriver au début du parcours et revenir.
Par contre ne vous engagez pas ainsi sur des parcours en dehors des chemins battus si vous n’êtes pas un habitué.

Avec un guide ou/et un porteur

De nombreux individuels ou petits groupes se sentent mieux en compagnie d’un guide, qui porte éventuellement une partie de leur sac, ou d’un guide et d’un porteur. D’autres éprouvent des scrupules à faire porter ce qu’ils considèrent comme une lourde charge pour quelques euros : ce sentiment les honore, mais ils est contre-productif au Népal ; en effet, le travail de porteur de trek est très recherché car, par rapport à un porteur "classique", le porteur de trek a une charge légère (35Kg maximum au lieu de 70Kg que prend un porteur pour les locaux), il est payé plus du double et fait des étapes plus courtes. Par conséquent, refuser d’engager un porteur, c’est tout simplement priver quelqu’un d’un excellent travail.
Prendre un guide et/ou porteur est une excellente solution à condition d’engager votre guide par l’intermédiaire d’un Népalais ayant pignon sur rue, jamais vous-même directement.
Par ailleurs, soyez très clair avant le départ sur le salaire, les frais payés ou non, la longueur des étapes et la durée d’engagement. Si vous choisissez d’aller plus vite que prévu, il faudra tout de même payer le nombre de jours agréés au départ. Un pourboire est normal en sus si vous avez été content de ses services (environ 10%). Si vous allez haut, vérifiez personnellement avant de partir l’équipement de votre équipe népalaise : chaussures, vêtements, couchage, lunettes. Une assurance est obligatoire pour l’équipe népalaise : assurez-vous qu’ils l’ont bien, sinon vous serez responsable en cas d’accident.

En individuel avec un agence.

C’est la solution de luxe : vous définissez vous-même le style de votre trek (tente ou auberge, lent ou sportif, menus, itinéraire, composition du groupe). Tout est possible… mais il faut le payer (assez variable, 100 à 200€ voire plus par jour à deux en autonomie ; le prix par personne baisse si vous êtes nombreux). Attention toutefois si vous envisagez un trek de très haute altitude avec des cols difficiles (Rollwalling ou Makalu-Khumbu par exemple) : les porteurs et guides habituels n’ont aucune connaissance de la haute montagne, de la neige ou du maniement d’une corde : vous devez vous assurer soit que votre guide connaît réellement la haute montagne (rare, il devrait alors s’agir d’un guide ayant une bonne pratique des expéditions), soit assurer vous-même l’encadrement et prendre les décisions cruciales (itinéraire, usage de cordes et surtout, le cas échéant, abandon ou modification de l’itinéraire ; attention, pour vous faire plaisir, le guide est souvent tenté de prendre des risque trop importants qu’il mesure mal).

En trek organisé.

La solution de facilité qui vous assure une totale tranquillité à un prix raisonnable. Elle a toutefois l’inconvénient de vous imposer la compagnie d’un groupe d’inconnus et un rythme que vous ne maîtrisez pas. Par ailleurs, la plupart des groupes sont assez nombreux et donc lourds. Si vous êtes sportif et rapide, méfiez-vous : de nombreux groupes sont désormais prévus pour répondre aux besoins d’une clientèle plus âgée et moins bien entraînée, ce qui peut s’avérer frustrant. Renseignez-vous.

Les plus beaux treks ne peuvent toutefois se faire qu’avec une agence ou en trek organisé, soit parce que la réglementation l’impose (Mustang, Manaslu, Dolpo par exemple), soit parce que la logistique ne vous laisse pas le choix (treks en autonomie).

Quel trek ?

Voici quelques suggestions. Je n’ai indiqué que les itinéraires que je connaissais personnellement (mais quelquefois il y a longtemps). Les avis émis sont très personnels et peuvent très facilement ne pas refléter ce que d’autres – vous compris- pensent.

Les treks longs (+ de 10 jours)

Le cas du Great Himalaya Trail (GHT)

Le GHT est un tracé qui traverse tout le Népal par des itinéraires très variés. C’est un fil conducteur qui, sauf exception (120 jours de marche minimum !) n’a pas vocation à être fait d’une traite. Par ailleurs, il emprunte des segments très disparates en termes de difficultés, certains s’apparentant plus à des petites expéditions. Le Guide (en anglais) est bien fait mais il faut le lire attentivement pour bien mesurer les conditions imposées par chaque segment. Une magnifique carte de l’ensemble du parcours est un bon instrument de rêve. (Voir www.greathimalayatrail.com ou www.thegreathimalayatrail.org.)

Le tour des Annapurnas et sa variante de Nar-Phu.

Park National. La route carrossable est arrivée à Jomoson (et Muktinath en saison) d’un côté et progresse vers Manang de l’autre : le trek en souffre, mais il reste le plus populaire du Népal. Presque tout le monde l’effectue dans le sens Manang – Jomoson à cause de l’étape du col, plus facile dans ce sens. Le peu qu’il en reste demeure très beau et le col du Torong La est l’un des plus faciles de sa catégorie. La boucle par Nar et Phu (permis spécial) est absolument magnifique, et encore très peu fréquentée, mais comporte juste assez de lodges très simples pour le faire sans toute la logistique au prix d’étapes parfois longues : à faire d’urgence.

L’Everest.

Parc National. L’autre grand favori et avec de bonnes raisons : les montagnes sont à couper le souffle. Beaucoup de monde malheureusement, dans les deux sans, et un vrai problème sur les vols pour arriver et partir de Lukla : ne prévoyez pas un retour de tek juste avant votre vol de retour international. De plus, l’affluence touristique à provoqué une dégradation de la qualité de l’accueil au profit d’une vision plus consumériste. A faire hors saison dans toute la mesure du possible (décembre, février ou mai). Un détour par la vallée du Cho Oyu est conseillé. Le col entre cette vallée et celle de l’Everest présente des dangers objectifs (abord raide, crevasses : rester bien à droite – nord - en descendant côté Everest).

Le tour du Manaslu.

Parc National. Aujourd’hui encore, le permis doit être demandé par une agence qui vous prend en charge durant me trek, mais celui-ci peut désormais se faire sans tente ni cuisine. Sauf le col lui-même, quelconque, il s’agit d’une des plus belles boucles facilement accessibles avec de magnifiques forêts et des villages intéressants. Si vous faite un détour par la vallée de Tsum au nord des Ganesh, ne tentez surtout pas le « raccourci » nord entre les deux vallées : difficile à trouver et très dangereux.

La grande traversée du Dolpo.

Parc National. Uniquement en trek organisé. Trek long de haute altitude en paysages désertiques tibétains, faisable durant la mousson, infaisable en hiver. Un trek d’exception, engagé, très différent de la plupart des autres itinéraires népalais. Pas vraiement recommandé pour une première expérience au Népal, à moins d’avoir un bonne pratique de la montagne ailleurs.

Dunai - Tarap – lac Poksundo.

Parc National. Une variante courte de la traversée du Dolpo. Le meilleur du Dolpo avec moins d’engagement et de fatigue. Possible, mais sportif, en autonomie. L’étape entre Dho-Tarap et Poksundo, avec 2 cols à 5000+, est très longue. Pour ceux qui ont plus de temps, un départ de Beni (sur le route de Pokhara à Jomosson) permet de faire aussi la très peu fréquentée traversée de la région de Dhorpatan (voir ci-dessous). Dans ce cas, attention à la logistique : il y a des maisons, mais pas forcément des lodges.

Dhorpatan – Dunaï.

Un parcours de collines totalement délaissé par les trekkeurs. Peut être combiné avec la Tarap – lac Poksundo (ci-dessus). En autonomie. Attention à la logistique : il y a des maisons, mais pas forcément des lodges.

Le camp de base du Makalu.

Parc National. La piste carrossable remonte désormais toute la vallée de l’Arun. Sauf à s’engager dans la très difficile traversée des 3 Cols, il s’agit d’un aller-retour en autonomie, encore peu fréquenté.

Le camp de base du Kanchejunga et variante Jannu.

Maintenant assez connu, mais demande encore une certaine autonomie dans sa partie haute. La variante par le camp de base du Jannu est conseillée. Le col le plus au nord indiqué sur les cartes entre le côté Jannu et le côté Kanchenjunga exige cordes et connaissances : prenez le col plus au sud.

Taplejung – vallée de l’Arun.

Une traversée fabuleuse, exceptionnelle, qui commence par le trek ci-dessus puis se poursuit vers l’ouest par des cols et des chemins très peu fréquentés au point d’être parfois difficiles à suivre. Autonomie indispensable, guide local conseillée entre Olangchunggola et l’Arun. Sans doute mon préférée.

Les treks courts ( - de 10 jours)

Lacs de Gosainkund.

On peut les atteindre soit en partant de la vallée de Katmandou (Sundarijal, crête, col du Kanga La 4.300m), soit par Dunché (bus) au prix d’une longue montée. Lodges. Très mouillé mais fabuleux durant le grand festival annuel des guérisseurs Jankris de juillet (calendrier lunaire : se renseigner chaque année sur la date exacte).

Le Lantang.

Parc National. Facile et très beau, proche de Katmandou, c’est le trek idéal pour une première expérience. Préférez un départ à pied de Dhunché avec une première étape à Thulo Shiabru au bout d’un beau chemin en balcon, cela vous évitera la très longue montée de Shiabru bensi. Lodges jusqu’à 4.200m, possibilité d’atteindre un petit sommet à 5.000m, voire 5.4000m (mais avec glacier et rimaye), offrant des panoramas fantastiques.
Peut se combiner avec la visite des lacs de Goisankund et/ou le nouveau Tamang Heritage Trail sur le côté ouest de la vallée de la Trisuli.

Le lac Rara. Park National.

Très peu fréquenté. En autonomie. Court et facile à condition d’arriver au point de départ via deux vols, le deuxième étant aléatoire. Départs possible de Jumla (mon préféré) ou de Tapla. Le trajet par la route est dangereux sur la segment Jumal – Manma.

Helambu.

Petit trek de colline sans vues mais avec de jolis villages en haut de la vallée, faisable à pied à partir de la vallée de Katmandou par Sundaridjal ou Nagarkot.

Sanctuaire de l’Annapurna.

Parc National. Lodges partout, beaucoup de monde. Attention, risque d’avalanche en cas de chute de neige récente. Très beau amphithéâtre de haute montagne, à combiner avec Pun Hill (Ghorepani) pour la vue dur le sud du massif.

Gangdruk – Langtruk.

Petite boucle à partir de Phokara avec un beau point de vue (Pun Hill) sur le massif des Annapurnas. Attention au redouble escalier de Hiléri : 2.700m de dénivelé en marches ! Lodges. Belles forêts de rhododendrons.

Quelques treks difficiles sortant de l’ordinaire.

Tilman’s Pass pour sortir du Langtang.

Indiqué sur les cartes, mais difficile avec une remontée de glacier délicate à trouver à et négocier (moraines instables et passage entre les parties inférieures et supérieures du glacier peu évidente) et une descente de col dangereuse (passage côté est, à gauche en descendant quant je l’ai fait, mais cela peut changer). Rester éloigné de la paroi en vue du col. Six jours d’autonomie.

Rollwalling – col du Tashi Lapsa (5.700m) – Namché.

Remonté de glacier difficile (par le sud en 2011), rupture de glacier sup/inf pouvant demander, certaines années, cordes et broches à glace, crevasses, descente exposée aux chutes de pierres/neige. Bivouac possible au col pour faire l’ascension de la pointe à 6.200m au sud : crevasses, une encoche à passer et un final sur une arrête effilée.

Manang – Tilicho – Jomoson.

Variante sportive du chemin classique par le Torong Pass. En autonomie. Difficile à trouver en cas de nuages. Un bivouac.

Nar – Mustang

Un parcours d’exception, désert, mais que les locaux interdisent parfois à partir de mai à cause de la récolte de Yarsagumba, comportant une section de 300m très risquée car sous un continuel bombardement de pierres, avec peu d’eau côté Mustang et un chemin mal tracé, souvent étroit et instable. En autonomie.

Les trois cols Makalu-Khumbu.

Une véritable petite expédition avec deux cols à 6000m+.

Quelques treks faciles peu fréquentés.

Pokhara – Katmandou.

Un trek de colline pratiquement abandonné des touristes qui longe l’Himalaya. Des lodges, mais très locales. Guide recommandé car il y pléthore de chemins.

Autour de Jiri.

Aller en bus. Avec un guide local, en autonomie. Pas de touristes, itinéraires à la carte, possibilité d’aller jusqu’au Rollwalling.

Vallée de Gorkha.

Aller en bus. Grande vallée ouverte. On en sort par le nord, soit au niveau de Barpak, vers l’est, pour rejoindre le tour du Manaslu (facile), soit par le nord et une magnifique petite vallée suspendue hors du temps donnant aussi accès au tour du Manaslu, mais plus loin au nord, au niveau de la jonction des vallées est et ouest. Attention, cet itinéraire, techniquement sans difficulté, est par contre très délicat à trouver après Barpak : un guide local est recommandé. En autonomie après Barpak.

Le Tamang heritage trail.

Un petit tour dans les villages d’ethnie Tamang à l’entrée de la vallée du Langtang. Sympathique et peu fréquenté.

Quelques conseils (très) personnels.

- chaussures : sauf si vous prévoyez d’utiliser des crampons ou de marcher sur de la neige dure, qui justifient des chaussures rigides ou des coques plastiques, le moins est le mieux : restez légers ! Une paire de chaussures souples et imperméables multisports avec semelles vibram (ou au moins solides) est parfaite, même dans la neige, accompagnée d’une paire de guêtres ; au besoin, cousez une sangle supplémentaire sous la guêtre pour assurer une bonne liaison avec une chaussure basse. J’ai marché des jours dans la neige entre 4.000 et 5.000m comme cela sans avoir froid. Les grosses chaussures rigides sont lourdes et surtout vous empêchent d’attaquer les descentes souplement en utilisant la plante du pied et non le talon, ce qui se paye par des douleurs, voire des blessures, aux genoux. Personnellement, je considère que la protection des chevilles que procure une chaussure lourde ne vaut pas ses inconvénients.

- Matelas : les petits matelas gonflables de trek (type Thermarest) sont sans concurrent en termes de confort et d’isolation. Pensez tout de même au kit de réparation.

- Temps froid : les sous-vêtements thermiques sont irremplaçables. N’oubliez pas de vous couvrir la tête et de vous protéger rapidement du vent s’il-y-en a. La doudoune, même fine, apporte un supplément de confort et permet d’économiser sur le poids des autres vêtements. Une chaussette mouillé est froide, il faut donc en changer et les laver souvent : la rapidité de séchage est donc la caractéristique la plus importante. La légende voulant qu’il ne faut pas dormir habillé dans un sac en duvet est fausse : le port de sous-vêtements thermique apporte un plus. Les fibres naturelles sont désormais totalement surclassées par le synthétique technique. Attention tout de même au facteur « odeur » : vous n’aurez peut-être pas l’occasion de vous laver tous les jours et si certaines fibres ne sentent jamais, d’autres sentent très fort au bout de 24 heures.

- Pluie  : le Népal est très peu venteux (sauf Jomoson) et un parapluie constitue sans doute la meilleure idée possible pour un trek durant la mousson. Les capes provoquent une telle condensation intérieure qu’on est tout de même mouillé. Quant au GoreTex ou équivalent, il est efficace en altitude, mais complètement débordé par la quantité d’humidité durant la mousson.

-Achats de matériel : vous trouverez à Katmandou des copies bon marché de tout ce dont vous pouvez avoir besoin en trek. Ces copies supportent mal l’usure mais sont parfaites pour les trekkeurs occasionnels qui disposent d’une journée pour les achats et d’un budget limité. On trouve aussi désormais de la bonne qualité, mais à des prix comparables aux prix européens.

- Sangsues : vivent durant la mousson en dessous de 3000m d’altitude. Aucune barrière de vêtements ne les arrête. Elles peuvent tomber des arbres ou des buissons comme venir du sol. Le tabac à chiquer en poudre que l’on trouve partout est très efficace en prévention. La sangsue en elle-même n’est ni douloureuse, ni dangereuse, mais désinfectez et protégez les morsures d’un pansement et surveillez de près une éventuelle infection secondaire.

- Montées : on monte avec ses poumons plus qu’avec ses jambes : en dessous de 4.500m, respirez par le nez uniquement ; si vous n’y arrivez pas, c’est que vous allez trop vite, ralentissez. Si vous devez vous arrêter tout les 50m, vous allez trop vite : ralentissez votre rythme, vous arriverez finalement plus rapidement et plus facilement en haut. Ne pensez pas à ce qu’il reste à faire, concentrez-vous sur le rythme. Posez le pied le plus à plat possible, le talon par terre : le mollet est un petit muscle qui fatigue vite, économisez-le.

- Descente : de la souplesse avant tout pour économiser vos genoux. Posez la plante du pied en première, pas le talon. Utilisez des bâtons. Anticipez le placement de vos pieds au moins deux pas en avance. Faites de petits pas. Ne visez jamais un espace en « V » entre deux pierres. N’hésitez jamais à faire des pas de côté pour profiter des meilleurs appuis. Descendez OU regardez le paysage, mais pas les deux à la fois. S’accrocher aux branches est le plus souvent une mauvaise idée : si c’est difficile, mieux vaut s’assoir et glisser. Les accidents sont facilités par la fatigue : faites des arrêts avant d’avoir les genoux qui tremblent. Sur les sols de glaise, attention aux mousses vertes microscopiques : elles glissent comme du verglas.

- Bâton de marche  : une excellente idée.

- Philosophie de trek : en Europe, on va d’un point A à un point B où l’on se reposera. En trek, on vit sur le chemin, on mesure en heures et non en kilomètres et l’on regarde le temps passer sans se demander si le haut de la pente est encore loin. Profitez de l’instant, on arrive toujours. Il a toujours une dernière montée… et encore une autre derrière.

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Dernière modification : 11/05/2012

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